La scène post-crédit : son histoire et sa fonction

On entend beaucoup parler de la scène post-crédit ces dernières années, notamment avec les scènes post-crédit Marvel. Sachez que Marvel Studios a effectivement popularisé le concept, mais il existait déjà bien avant ! Retour sur ce phénomène mis en lumière par les blockbusters.

C’est quoi une scène post-crédit ?

Tout d’abord, la scène post-crédit (qu’on appelle aussi la scène post-générique ou stinger en anglais) est une courte séquence supplémentaire, que l’on peut retrouver à la fin d’un film. C’est pour cela que vous pouvez régulièrement constater des spectateurs qui restent dans la salle de cinéma.

Les blockbusters d’action, de SF et de comédie en possèdent souvent. Il en existe même plusieurs types.

Les différents types de séquences post-générique

La principale, la post-crédit, se place vraiment à la toute fin comme son nom l’indique, après le défilement du générique de fin. Comme l’épilogue indispensable de 1994 se déroulant à Vera Cruz dans La Cité de la Peur d’Alain Berbérian (disponible en bluray sur Amazon ici).

Ensuite, on peut retrouver la mid-crédit, qui se situe après le pré-générique de fin. C’est-à-dire la séquence de crédits animée, qui indique le casting principal, la réalisation, la production et la musique entre autres. En 2019, on a pu en regarder une dingue dans Spider-Man : Far From Home. Puisqu’on y découvre que Quentin Beck aka Mysterio (Jake Gyllenhaal) fait une annonce importante concernant Peter Parker (Tom Holland).

Aussi, il peut parfois apparaître une scène pré-crédit, juste après l’écran noir de fin (et donc juste avant le pré-générique dont je parlais plus haut) On peut citer un des plus connues de 2014, celle des Gardiens de la Galaxie (Guardians of the Galaxy) de James Gunn, avec bébé Groot qui danse sur les Jackson Five.

Enfin et souvent dans les comédies, on peut regarder les bêtisiers pendant le générique de fin. Le plus impressionnant reste celui créé de toutes pièces par Pixar dans Toy Story 2 de John Lasseter en 1999.

Les premières scènes post-crédit

On peut déjà retrouver du contenu supplémentaire à la fin de certains films, sans pour autant parler de scènes post-crédit. Déjà à l’époque, on voulait faire rester le spectateur jusqu’à la fin.

Les prémices du contenu bonus

Par exemple, dans Au Secours ! (Help!) de Richard Lester en 1965, mettant en scène les Beatles, on retrouve une séquence bonus, sur l’air de « The Barber of Seville ». En effet, le générique de fin possède un fond psychédélique, avec les membres du groupe qui passent tour à tour devant une pierre précieuse.

De même en 1956, dans Le Tour du Monde en 80 Jours (Around the World in 80 Days) de Michael Anderson. On pouvait y retrouver un résumé de l’intrigue, sous forme d’animation créée par le célèbre designer Saul Bass.

Enfin, on peut même remonter jusqu’en 1903, avec Le Vol du Grand Rapide (The Great Train Robbery) d’Edwin Stanton Porter. Puisque ce premier western américain de l’Histoire se termine sur une séquence effrayante pour l’époque : le chef des bandits vide son chargeur face caméra, en direction des spectateurs.

La toute première scène post-crédit

Officiellement, la toute première scène post-crédit apparaît en 1966, dans la comédie d’espionnage Matt Helm, Agent Très Spécial (The Silencers) de Phil Karlson. En effet, après le générique de fin, on peut retrouver le héros (interprété par Dean Martin) entouré de plusieurs femmes. Il ne s’y passe rien de particulier, si ce n’est que cette séquence annonce le film suivant.

scène post crédit du film Matt Helm

À quoi ça sert la scène post-crédit ?

En dehors de rester jusqu’à la toute fin d’un film, on peut légitimement se demander quelle est la fonction de la scène post-crédit. Globalement, il en ressort deux utilisations principales.

Une dernière blague pour la route

À partir des années 80, les comédies aiment bien inclure un gag supplémentaire. La scène après le générique va rajouter une blague de plus, juste pour le plaisir. Dans Y a-t-il un Pilote dans l’Avion ? (Airplane! en vo, dont le bluray est disponible sur Amazon ici) des ZAZ en 1980, on peut retrouver un passager qui attend toujours son chauffeur de taxi. En 1986, dans Trick Or Treat de Charles Martin Smith, on a le droit à Ozzy Osbourne en Révérend Aaron Gilstrom à la télévision, qui met en garde la population.

Plus tard, ce sont les films d’animation qui aiment bien rajouter des scènes humoristiques. Je pense notamment à Pixar, avec par exemple Le Monde de Némo en 2003, d’Andrew Stanton et Lee Unkrich. On y voit un petit poisson d’abord effrayé par un plus gros, mais qui finit par le manger.

Les scènes vont parfois même casser le 4e mur, c’est-à-dire que le personnage va s’adresser à la caméra. En effet, que ça soit en 1979 dans le film du Muppet Show de James Frawley, ou encore en 1986 dans La Folle Journée de Ferris Bueller (Ferris Bueller’s Day Off) de John Hughes, les personnages incitent les spectateurs à s’en aller !

On peut d’ailleurs voir un hommage avec une scène post-générique très similaire dans Deadpool. L’anti-héros joué par Ryan Reynolds, qui excelle dans le méta, fait référence à la seconde fonction, dont je vous parle ci-dessous.

Étendre l’histoire et l’univers d’un film

Popularisée par Marvel Studios, la scène post-crédit a souvent la fonction d’étendre l’histoire du film. On peut retrouver en 2008, dans Iron Man de Jon Favreau, un Nick Fury (Samuel L. Jackson) jusqu’alors inconnu du public, qui parle d’une équipe de super-héros à Tony Stark (Robert Downey Jr.). Le studio a par la suite continué de lier ses films grâce à ces séquences bonus, que les fans attendent désormais avec assiduité. Cela permet d’introduire de nouveaux personnages avec des caméos ou de lancer la suite de l’histoire.

scène post crédit du film Matt Helm

Cette formule, évidemment reprise chez DC Comics, existait avant, comme dans les anciens Marvel (comme dans les X-Men par exemple). Cependant, on peut retrouver ces extensions d’intrigue dans la saga Pirates des Caraïbes, et notamment en 2007, dans Jusqu’au Bout du Monde (At World’s End), de Gore Verbinski. On y découvre Elizabeth Swann (Keira Knightley) et son fils Henry Turner (Dominic Scott Kay) qui assistent au retour de William Turner (Orlando Bloom).

Vérifiez si un film a une scène post-crédit

Certains spectateurs préfèrent rester à la fin d’un film pour découvrir par eux-mêmes si ce dernier possède ou non une scène post-crédit. Pour celles et ceux qui ont la flemme d’attendre, certes, on peut facilement trouver avec une recherche Google. Mais mieux que ça, il existe carrément des sites web et applications dédiés !

What’s After The Credits, Mediastinger, Should I Wait?, After The Credits et sans doute bien d’autres, permettent de savoir à l’avance s’il faut rester ou non. En général, il s’agit de plateformes communautaires, où les internautes cinéphiles indiquent si un film (parfois même une série ou un jeu vidéo) propose une scène post-crédit. On peut même savoir s’il y en a plusieurs et de quel type (pré ou mid).

capture d'écran de l'appli Mediastinger

Et je donne un conseil car c’est du vécu : pensez à consulter les sites ou app avant votre séance, car parfois les cinémas n’ont pas beaucoup de réseaux. Et donc vous pouvez vous retrouver à attendre sans savoir.

Conclusion

Voilà, vous savez désormais tout de la fameuse séquence post-générique, dont on entend beaucoup parler. Notamment grâce (ou à cause) des films de super-héros. Par exemple, dernièrement, la scène post-crédit de Black Adam a fait beaucoup réagir les fans sur les réseaux (et en salles !) Mais on peut en retrouver dans beaucoup d’autres genres de films ! Comme les Fast and Furious, Godzilla, les films d’animation Disney, les Jurassic World et bien d’autres !

Et vous, quelle scène post-crédit vous a le plus marqué ?

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