Maigret

Depuis près de 60 ans plus tard, le commissaire Maigret revient sur grand écran.

Déjà, ça parle de quoi Maigret ?

Nouvelle enquête à Paris pour le commissaire Maigret. La police retrouve une jeune femme assassinée de plusieurs coups de couteau. Personne ne semble avoir connu cette personne, qu’on peine à identifier. Cependant, le commissaire rencontre une délinquante qui ressemble étrangement à la victime, lui remémorant un lourd passé…

Alors, que vaut Maigret ?

La bande-annonce de Maigret m’avait plutôt botté. En France, on ne se débrouille en général pas trop mal en polar et j’avoue ne connaître ce personnage que de nom.

Je suis plutôt déçu, car je m’attendais à une enquête plus prenante. En effet, on suit son avancée pas à pas, sans réelle surprise. Certes, ça change de d’habitude, dans le sens où à l’ère des artifices et du cassage de code, on garde ici une narration très premier degré. Néanmoins, l’ambiance très sobre paraît pratiquement austère.

De plus, découvrir dans le générique de fin qu’il s’agit de l’adaptation du roman Maigret et la Jeune Morte, de Georges Simenon, ne m’a pas dérouté. Puisque qu’effectivement, le sous-jeu des comédiens et comédiennes m’a donné l’impression de regarder un livre. Comme si les intonations étaient celles que notre voix intérieure donne aux dialogues quand on lit. Cela rend le casting simplement fonctionnel.

Heureusement, notre Gérard Depardieu national campe le seul personnage réellement attachant. La mélancolie de Maigret, à cause de l’aspect personnel de l’affaire, me touche par une certaine sincérité. J’aime notamment le côté routinier du policier, de voir sa vie quotidienne dans son foyer. Sa relation avec son épouse, interprétée par Anne Loiret, est même assez déprimante.

Enfin, la réalisation me surprend, par son étrange aspect brouillon. Déjà par la photographie peu contrastée, tellement grise qu’on dirait un LOG (il s’agit d’une qualité brute de travail, la plus neutre possible, qui permet d’ajuster l’image en post-production) Pareillement, l’ambiance morose s’accentue par un rythme très plan-plan, parsemé de mouvements de caméra improbables. Par moment, on se retrouve avec des zooms rapides à la The Office, sans justification, qui dénote du reste plat. Aussi, les décors intérieurs font assez peu naturels. J’ai même galéré à comprendre lors d’un passage, si la scène était éclairée par une lampe ou pas le soleil. Seule l’immersion dans les années 50 parisiennes fonctionne bien.

Donc, que dire de Maigret du coup ?

Maigret s’annonçait palpitant mais hélas, il peine à se rendre mémorable à cause de son manque de nuance, dans une enquête sans surprise. Malgré une bonne immersion dans les années 50, on se retrouve à visionner un livre, tellement le casting reste en sous-jeux dans une réalisation vide. Par chance, Gérard Depardieu incarne le seul personnage attachant de l’histoire, par sa mélancolie et sa quête de vérité.

Si vous avez envie...

… de carburer au blanc, d’une référence à Magritte et de disparaître comme Batman, découvrez l’assassin de la jeune morte.
Maigret Poster

C'est ? Maigret

Genre ?

Durée ? 88 min

Nationalité ?

Sorti le ? 23/02/2022

Vu le ? 24/02/2022

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