

L’abandon
Mon avis rapide
La tension dramatique de L’Abandon fonctionne en grande partie à cause de cette fin inéluctable, qui crée une peur progressive dans un climat de prise d’otage psychologique très efficace. Néanmoins, le scénario aborde des sujets importants sans aucun traitement réellement profond. De plus, la réalisation globale reste très académique, avec une mise en scène et des jeux d’acteurs purement fonctionnels. Ainsi, on se rapproche plus d’une reconstitution qu’un véritable film cinématographique. Enfin, le récit possède évidemment une vertu pédagogique indéniable, pour découvrir les détails de l’engrenage dramatique. En revanche, le traitement des minorités manque cruellement de nuance, pouvant leur porter préjudice aux prochaines élections…
Ma note

Visionnage
Sorti le 13/05/2026
Vu le 23/05/2026
Titre : L'abandon
Réalisation : Vincent Garenq
Scénario : Alexis Kebbas, Mickaëlle Paty, Stéphane Simon, Vincent Garenq
Nationalité : Français
Casting principal
Compagnies
Compagnies : France 3 Cinéma, Les Films du Kiosque, Outside Films, UGC, UMedia
Synopsis
Un professeur d’histoire-géo de collège de banlieue voit sa vie bouleversée depuis qu’il a donné un cours sur la liberté d’expression…
- Modifié le 08/06/2026
L’Abandon raconte les 11 derniers jours de Samuel Paty. Sujet délicat !
La tension dramatique de L’Abandon s’installe dès les premières minutes. Notamment car nous connaissons déjà la fin inéluctable de cette histoire. Cette certitude crée une atmosphère lourde et pesante. Par conséquent, cela installe progressivement la peur dans le quotidien de ce professeur. Mais aussi un climat de prise d’otage psychologique, qui fonctionne plutôt bien.
Ensuite, le scénario aborde de nombreuses thématiques cruciales, telles que la liberté de la presse et l’islamophobie. L’escalade de la violence y est décrite de façon brute et angoissante. Je retiens aussi la description de la bureaucratie française, qui montre l’inertie administrative face à des enjeux beaucoup plus viraux. Néanmoins, ces sujets majeurs manquent de profondeur analytique. Autrement dit, l’œuvre les survole au lieu de les creuser véritablement, alors que c’était l’occasion parfaite.
De plus, la réalisation du film globale reste très académique. Les choix de mise en scène s’effacent derrière le sujet. D’autant que le jeu des acteurs s’avère purement fonctionnel, simplement pour le récit et la trame clinique. Même Antoine Reinartz, déjà habitué des bancs du collège avec La Vie Scolaire, ne réussi à pas à nous sortir de grands moments comme il a pu le faire Anatomie d’une Chute.
Ainsi, cette sobriété formelle rapproche le film d’un style de reconstitution documentaire. Cette direction artistique cherche sans doute la fidélité historique absolue, comme cela est indiqué en introduction. Pourtant, on regrettera souvent le manque d’une véritable signature cinématographique. Actuellement, cette proposition ressemble davantage à un rapport factuel illustré qu’à une œuvre artistique forte. En revanche, je ne cache pas que j’en suis ressorti remué quand même.
Enfin, le récit de L’Abandon possède une vertu pédagogique indéniable. J’ai découvert précisément les circonstances exactes qui ont mené au drame. Les détails de l’engrenage m’étaient encore inconnus. Toutefois, le traitement des minorités manque de nuance. Le long-métrage se focalise principalement sur les coupables. Il montre peu la diversité des positions au sein de la communauté. Ce qui n’aidera sans doute pas aux personnes concernées d’avoir une meilleure image, notamment face aux prochaines élections…



