Aller au contenu

Rencontre avec Drimbig au WAIFF 2026

WAIFF 2026 Interview Drimbig Poster

Lors de cette édition du World AI Film Festival 2026, j’ai découvert le collectif Drimbig. Ce tout nouveau groupe de créatifs, lancé à peine un mois plus tôt, a déjà fait ses preuves en signant le film d’ouverture du WAIFF 2026. J’ai ainsi pu discuter avec Laurent Lacqua, le fondateur et directeur artistique, ainsi qu’Annabelle Veltri, la Business Developer. Je les ai donc interrogé sur leur studio IA.

Drimbig : La force du collectif

jevaisciner.fr : Bonjour à vous deux ! Pouvez-vous présenter brièvement le collectif Drimbig ?

Laurent : Drimbig est né d’une collaboration concrète sur un film produit par le Département des Alpes-Maritimes. À l’origine, nous étions quatre (soit « huit mains ») : moi-même, issu de la communication visuelle, et trois vidéastes confirmés. En travaillant ensemble, j’ai réalisé qu’il y avait un immense vivier de talents. J’ai donc voulu structurer ce projet : un collectif à la forme juridique simple mais bien organisé, capable d’explorer de nouveaux territoires de jeu grâce à l’IA générative.

Annabelle, quel est ton rôle spécifique au sein de cette structure ?

Annabelle : Ma mission consiste à faire grandir le réseau et à identifier des clients potentiels pour nos solutions. Sur un festival comme le WAIFF, l’idée est de saisir les opportunités de rencontre. Ayant moi-même une expérience dans le monde artistique et celui du cinéma, j’ai une vision globale qui dépasse le simple aspect commercial.

Créer un collectif, est-ce une mutualisation économique ou créative ?

Laurent : C’est purement créatif. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, cela ne simplifie pas la gestion, cela la rend même plus complexe. L’intérêt majeur est la mutualisation des talents. Comme nous sommes une bande d’amis, je connais les forces de chacun : si un projet demande un effort particulier sur la narration ou le lien dynamique entre musique et image, j’active le membre le plus fort dans ce domaine.

Est-ce que le film Clay and Pot, qui était en compétition pour le prix de la meilleure Micro-Série, est un projet personnel de vitrine ou une commande ? Quel est votre modèle économique ?

Laurent : « Clay and Pot » est un projet personnel d’un membre qui a accepté qu’il serve de vitrine au collectif. Tout comme le film du Département présenté ce soir, puisque tous les membres y sont crédités. En fait, le collectif agit comme un tiers de confiance : nous facturons le client, puis redistribuons en fonction de la participation de chacun. L’envie de travailler ensemble reste le seul moteur. Nous fonctionnons comme une sorte d’agence qui garantit au client d’avoir toujours un talent disponible.

L’IA générative : Un défi de validation technique

 Comment avez-vous adopté l’IA comme méthode de travail créative ? Avez-vous rencontré des réticences, par rapport aux questions de droit d’auteur, d’écologie et de suppression de poste ?

Laurent : Le plus grand changement est lié au caractère prédictif de l’IA : on ne génère jamais deux fois exactement la même séquence. Si vous mettez les mêmes personnages au même endroit avec le même « prompt », ils ne feront pas la même chose. Cela impose une discipline de fer dans les phases de validation. Pour le film du Département, nous avons dû faire valider 250 images fixes (costumes, décors, DA) avant de lancer la vidéo, car une fois la direction artistique fixée, on ne peut plus en changer sans risquer de perdre toute cohérence.

Annabelle : On ne fait pas de l’IA pour faire de l’IA. C’est l’outil qu’on va utiliser pour faire levier sur le projet. Ce qui compte, c’est la stratégie, de rencontrer les gens et d’être au plus proche de ce qu’ils veulent et ce dont ils ont besoin. Nos arguments sont qu’on réduit les coûts et qu’on déploie plus rapidement.

Est-ce que le pipeline diffère d’une production “traditionnelle” ?

Laurent : Je n’en ai pas la sensation. Le workflow reste le même. Tu pars d’une idée que tu soumets, puis une fois qu’elle est validée, tu en fais un scénario. De ce scénario, tu commences, en tout cas pour ma part, par les dialogues, que tu fais valider aussi, puis le storyboard et ainsi de suite. On donne notamment différents morceaux de séquence, qui donnent l’esprit puis ensuite la totalité des séquences, pour la livraison du film final. Les outils changent, mais pas le workflow.

J’ai l’impression qu’avec l’IA, on redécouvre la caractéristique de l’humain et le processus créatif. On pourrait imaginer demain des projets « 100% humains », comme on a du « 100% fait maison » dans les restaurants face aux plats industriels. Quel est votre point de vue là-dessus ?

Laurent : Exactement. Le côté « fait main », comme tu le dis, aura toujours une valeur, et peut-être même encore plus de valeur à l’avenir. L’outil doit rester au service de l’histoire que l’on raconte. Par ailleurs, nous prônons la transparence totale sur notre usage de l’IA. Il y a aussi un enjeu de souveraineté numérique : la plupart des IA sont américaines ou chinoises, d’où l’importance de soutenir des initiatives européennes comme Mistral AI.

Annabelle : Je suis persuadée que les deux approches cohabiteront. Il n’y aura pas un remplacement complet et général de tout ce que nous savons faire. Notre but est de désacraliser cet outil pour les clients.

On se retrouve au WAIFF 2027 ?

Annabelle : On te donne rendez-vous, ici à la même table, pour le WAIFF 2027 avec, nous l’espérons, encore plus de projets d’envergure !

Drimbig Annabelle Laurent Cannes

Retrouver le site internet du collectif.

Les propos des intervenant·e·s ont été adapté pour le format de l’article.

Soutenez le site

avec un don libre (ponctuel ou récurrent) via PayPal ou par carte bancaire.

L'article vous a plu ? Partagez-le !

Facebook
Twitter
LinkedIn
Email

Donnez votre avis !

Laisser un commentaire