

NAZA
Mon avis rapide
Naza sort sur YouTube mais a bénéficié d’une sortie ciné exceptionnelle. Et je dois dire qu’on n’en sort pas indemne. Notamment grâce au contraste entre les propos terrifiants des témoignages et de l’ambiance très neutre des échanges. Certes, on sait ce qu’il se passe plus ou moins, mais de l’entendre de témoins impliqués est glaçant. Car ils nous révèlent une organisation clinique meurtrière des plus glaçante. Qui plus est avec une réalisation simple mais au concept impactant. En tout cas, esprits sensibles, trigger warning pour les témoignages rapportés, ainsi que certaines images sur la fin. Sans doute un des documentaires des plus importants de ces dernières années.
Ma note

Visionnage
Sorti le 12/10/2026, 13/10/2026
Vu le 13/10/2026
- Modifié le 15/10/2026
Je découvre pour la première fois le MK2 Beaubourg, pour une séance exceptionnelle de Naza au cinéma. C’est l’occasion de le voir sur grand écran !
J’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant voir Naza mais je n’ai pas été déçu : c’est un impact immense.
Je savais depuis des années que l’Israël commettait des crimes de guerre envers Gaza. Mais là, un documentaire qui l’évoque aussi frontalement permet de bien l’intégrer.
En effet, le témoignage des anciens agents est glaçant. On y découvre une organisation militaire clinique et meurtrière. Sans vouloir placer le point Godwin, je n’ai pas vu une telle intelligence collective génocidaire depuis la Seconde Guerre Mondiale. D’autant que je ne suis pas fou, puisque l’un des intervenants évoque aussi ce parallèle.
Au niveau de l’interview, le journaliste Yuval Abraham est très professionnel. J’ai trouvé assez fascinant cette neutralité à son paroxysme, alors que les propos sont terrifiants. Certes, des fois il insiste un peu pour demander des informations précises. Mais globalement, on y voit une discussion normale avec les intervenants, tout en révélant une réalité catastrophique. C’est ce contraste qui impacte le plus.
D’ailleurs, ce n’est clairement pas un film pour tout le monde. Car les témoignages peuvent heurter les personnes plus sensibles. Pour vous dire, le générique de fin n’a pas de musique. Ainsi, la sortie de la salle s’est faite dans un silence pesant, tant la portée du docu est immense. Certaines personnes étaient même sous le choc et temporisaient quelques instants sur leur siège…
Du côté de la réalisation, elle est simple mais très propre. Déjà, Naza propose un concept intéressant : celui de filmer uniquement de nuit, sur les toits de Tel-Aviv. D’une part, pour anonymiser facilement les témoins. D’autre part, les captations d’inserts sur les israélien·ne·s qui font leur vie sont très fortes. Car ces plans rappellent sans cesse le confort dont certaines personnes jouissent, tandis qu’à 60 km de là, ce n’est pas le cas. D’ailleurs, cette forme peut faire penser à La Zone d’Intérêt, dont on peut retrouver le réalisateur, Jonathan Glazer, à la production.
Clairement, Naza n’a pas le même impact que quand on l’apprend dans un reportage rapide entre 2 news au JT de 20h. Là, le documentaire prend le temps d’expliquer toute la situation. On y découvre en profondeur la froideur effarante des attaques sur Gaza. Sur la fin on voit même des images, assez intenses, je préfère prévenir.
Enfin, il ne faut pas confondre ce docu avec Naza: Ha-sipur ha-amiti, qui en est un autre, aux codes visuels similaires (pour ne pas dire plagier). Car ce dernier ne sert qu’à volontairement contre-documenter et semer la confusion, avec des témoignages qui, à l’inverse, défendent le gouvernement israélien.
Titre : NAZA
Réalisation : Rachel Szor, Yuval Abraham
Scénario : Rachel Szor, Yuval Abraham
Nationalité : Américain
Casting principal
Compagnies
Compagnies : JW Films, MK2 Films, Placeholder Films, The Guardian Documentaries, Unseen Hand
Synopsis
D’anciens techniciens des renseignements israéliens ont accepté de témoigner anonymement. Ils évoquent les méthodes militaires employées par leur gouvernement, qui s’apparentent à un génocide du peuple palestinien…


